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Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU 

 
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Déclaration de Candidature
22-11-2008

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Congolaises, congolais,
Mes chers compatriotes,

Congolaises, congolais,
Après vous avoir écouté et mûrement réfléchi, je pense que tous ceux qui voient l’impitoyable réalité qui nous est imposée par le pouvoir en place, et son gouvernement qui n’a pas échappé aux phénomènes d’usure, doivent s’associer comme moi à la souffrance du peuple congolais pour évoquer ensemble les problèmes que le changement de génération politique et de structures sociales, ainsi que d’alternance posent à notre pays.
Mais pourquoi évoquer ce changement, me diriez-vous ?

 

 

Depuis 1997, date de la prise de pouvoir brutale par l’actuelle Administration, la situation du Congo n’est nullement brillante en dépit d’énormes atouts dont elle dispose. Elle a fait preuve de manque de clairvoyance et de sens de responsabilités avec lequel ces importants potentiels sont exploités.
En effet, plusieurs indicateurs concourent à la démonstration du péril congolais :
Unü contexte politique et institutionnel peu rassurant car par le passé, toutes les élections organisées ont toujours été entachées d’irrégularités préparées en amont par une loi électorale non conforme à la constitution, un découpage partisan qui ne tient pas compte des équilibres démographiques, le refus d’organiser un recensement consensuel de la population qui garantirait des listes électorales fiables, et bien entendu, par le refus catégorique de mettre en place une Commission d’organisation des élections indépendante qui garantirait la crédibilité des résultats.
On se souviendra de la volonté du gouvernement de mettre sous tutelle une Cour constitutionnelle incapable de lire et de dire le droit. A cet effet, les arbitrages qu’elle a effectués lors des recours en annulation des résultats déposés par certains candidats aux élections législatives de juin, juillet et août 2007, ont été rendus de manière partisane.
Aussi, toujours à la charge du gouvernement, en dépit des avertissements de l’Union africaine, suite aux carences dans l’organisation de ces élections, unanimement reconnues par les observateurs étrangers, par le peuple congolais, y compris par le gouvernement lui-même, le pouvoir a de façon volontaire décidé de ne pas tirer les leçons de ce fiasco.
Tout en étant adversaire du régime politique en place, je n’en suis pas moins un partisan de la paix et de la stabilité politique de notre pays. C’est pourquoi, j’invite le gouvernement à prendre toutes les dispositions utiles et conformes aux textes en vigueur, pour épargner au pays les risques de nouvelles violences.
Surü le plan économique, je dirais, qu’en dépit des hausses successives du prix du baril de pétrole observées depuis cinq ans, la manne pétrolière ne nous a pas permis d’engranger la croissance, ni même de diversifier ses pôles. En revanche, le Congo reste malheureusement tributaire des deux produits de rente que sont le pétrole et le bois, contrairement aux déclarations officielles.
Au niveau de laü gouvernance des finances publiques, les prévisions de recettes inscrites à hauteur de 6300 milliards de F CFA, au titre des exercices 2003 à 2007, ont été volontairement et largement sous-estimées, contrairement aux niveaux d’évolution du prix du baril de pétrole.
Ces énormes masses d’argent n’ont pas produit les résultats escomptés en raison :
- des détournements de fonds qui sont restés impunis ;
- de la création de sociétés écran qui font de la rétention de fonds destinés au Trésor public congolais ;
- de la municipalisation accélérée qui, quoiqu’on nous dise, est un véritable paravent pour masquer d’énormes détournements de deniers publics ;
- des investissements dont les choix opérés répondent quelquefois à des critères politiciens et non aux impératifs du développement national.

Bien plus, en dépit de l’existence des recettes additionnelles résultant de la flambée du prix du baril de pétrole, le gouvernement s’est toujours refusé à produire des collectifs budgétaires qui justifieraient l’emploi de ces surplus financiers. Or, une utilisation rationnelle de ces énormes recettes nous permettrait d’investir et d’accélérer le processus de règlement de notre dette globale qui reste malheureusement très élevée, charge qui va être reportée sur les générations futures ;
Quantü au volet social, malgré tous les moyens financiers générés par l’exploitation du pétrole et du bois, l’Etat congolais n’est pas en mesure d’assurer correctement ses services régaliens que sont l’accès pour tous aux soins médicaux et à l’éducation de qualité, à l’eau, à l’électricité, au logement décent, à un meilleur niveau de salaires des fonctionnaires et de pensions de retraite qui garantiraient une meilleure vie à tous, et, au règlement des bourses d’études.
Pour ce qui est de l’emploi, l’engagement démagogique pris pour créer 40.000 emplois jeunes par an se fait toujours attendre. Par contre, selon des statistiques officielles, 300.000 jeunes sans diplômes et 130.000 jeunes diplômés sont à la recherche d’un emploi.
Par ailleurs, la cherté de la vie due à la hausse des prix des denrées alimentaires réduit davantage le pouvoir d’achat des congolais moyens avec, in fine, les risques que cette situation sans perspective de règlement nous conduise à des émeutes de la faim que connaissent un certain nombre de pays africains.
Enfin, la situation du Pool, même si elle n’est plus explosive, elle demeure tout de même préoccupante à cause de l’insécurité largement nourrie par la circulation d’armes de guerre et par la précarité des conditions de vie des populations, principalement des jeunes désoeuvrés et sans emploi.

Aujourd’hui, le règlement de la crise du Pool, meurtri par la guerre et qui a perdu dix ans n’est vu que sous l’angle politique. Je suis pourtant au regret de constater que personne ne parle de son avenir, celui de ces jeunes enfants qui ne vont pas à l’école et que nous préparons tous inconsciemment à la violence.
Mais au bout du compte, il n’y a pas à trouver dans nos malheurs actuels, une espèce de fatalité qui condamnerait à jamais notre pays.
Congolaises, congolais,
Depuis des années, mon expérience d’homme politique mais surtout de parlementaire m’a appris que, dans la lutte des forces démocratiques, nous pouvons être sûrs de nos opinions mais cela ne nous dispense pas de la capacité de les remettre en question. Or, pour les tenants du pouvoir actuel, aucune hypothèque ne peut résulter de la critique des forces de l’opposition.
C’est pourquoi, au regard des nécessités actuelles et des défis à relever, ma conviction est que cette coalition n’est pas à la hauteur des tâches historiques de redressement national.
Mes chers compatriotes,
Doutant de sa capacité de régénération pour traduire l’espérance des congolais en réalité, j’ai pris l’engagement, moi
Joseph KIGNOUMBI-KIA-M’BOUNGOU,
de vous annoncer que je serai candidat à l’élection présidentielle de 2009.
Depuis cinq ans que je suis député,je ne cesse d’affirmer publiquement que le Congo a besoin d’une autre majorité politique pour construire le véritable changement que vous souhaitez.
Congolaises, congolais,
Une élection présidentielle est le commencement d’une nouvelle vie. C’est pour cette raison que je vous exhorte à vous ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, à rassembler nos forces pour assurer notre propre survie, celle de nos enfants, des générations futures, et bien entendu, celle du pays entier. C’est-à-dire, un pays de justice, de progrès économique et social, qui respecte les règles du jeu démocratique.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Congolaises, congolais,
Mes chers compatriotes,
Dans les circonstances actuelles d’un pays qui va droit au péril, je m’adresse à tous les congolais, quelle que soit leur appartenance politique et, à tous ceux qui, en dépit de certaines divergences ont des principes fondamentalement républicains, pour vous joindre à moi afin de refuser cette société clientéliste qui fait de certains congolais des citoyens de seconde zone.
Je mènerai une campagne digne, donnant une large place aux débats d’idées et non aux moyens matériels et financiers.
Que Dieu bénisse le Congo !
Vive la République !
Je vous remercie. 

 

 
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